

Vernissage "Prophetic Land" : Max Bainbridge & Abigail Booth
« Prophetic Land » est une réponse poétique à la nature changeante de nos paysages complexes et de notre environnement naturel. Immergés dans leur relation à la terre et au lieu, les artistes Max Bainbridge et Abigail Booth ont développé une sensibilité accrue à la lecture du monde naturel, en regardant au-delà du masque du pittoresque vers l’effondrement environnemental de ses écosystèmes. Leurs œuvres reflètent le rôle paradoxal que les humains ont joué dans la perturbation de l’équilibre écologique, ainsi que l’urgence de trouver de nouvelles façons d’inverser la tendance.
Les sculptures de Max Bainbridge sondent l’intérieur de l’arbre pour révéler à la fois la fragilité de la nature et notre propre mortalité. Utilisant du bois tombé, ses œuvres établissent un lien intime avec la terre et le lieu. Des sections excavées de merisier sauvage, d’orme et de hêtre sont évidées pour former des structures portant les marques de la croissance, de la maladie et du traumatisme. Ces sculptures évoquent à la fois la vulnérabilité et la résilience, proposant des réflexions sur ce que signifie exister au sein d’un écosystème fragile et en perpétuelle mutation. Ses œuvres sculptées en bois dialoguent avec des formes en pierre et en métal moulé, suggérant la transformation des matériaux comme métaphore de l’adaptation et du changement.
Les œuvres interdisciplinaires d’Abigail Booth peuvent être comprises comme des allégories d’actions passées ou comme des présages sombres de celles à venir, issues de ses visions intérieures d’une précarité environnementale et sociale. S’appuyant sur des matériaux recueillis dans les paysages qu’elle traverse, sa pratique intègre des teintures végétales, des ocres sauvages, des charbons, des poils et des os d’animaux, évoquant à la fois la perturbation écologique et les processus de renouvellement. Ancrées dans une connaissance approfondie de l’écologie et de la psyché humaine, ses œuvres explorent la tension entre dommage et guérison, invitant à une lecture plus profonde de notre relation à l’environnement. À travers des récits stratifiés de mémoire et de matière, son travail révèle des éclairages sur nos enchevêtrements passés et futurs avec le monde naturel.